De La Valma x Taittinger

Portraits
De La Valma x Taittinger
L’esprit Taittinger au cœur d’une collection de bijoux
Pour Chromatique, le concept store de la Maison Taittinger, Pia Andriveau Taittinger et Victoire Valmary, fondatrice de De La Valma, ont imaginé une collection capsule de cinq amulettes. Inspirées des graffitis des caves et des archives familiales, ces créations mêlent souvenirs intimes et symbolique des pierres. Des bijoux à composer au gré de ses envies, à découvrir exclusivement chez Chromatique, à Reims.
Comment est née votre collaboration?
Pia Andriveau Taittinger : J’ai découvert les bijoux de Victoire sur les réseaux sociaux bien avant de travailler chez Taittinger. Leur côté brut me plaisait beaucoup, tout comme leur simplicité et la sensibilité qui s’en dégageait. Aujourd’hui, je m’occupe du sourcing et du développement de l’offre de Chromatique. Cela consiste à sélectionner des objets et à imaginer des collaborations qui trouvent leur place dans l’univers de la Maison. Les amulettes de Victoire en faisaient naturellement partie, avec l’envie d’aller plus loin en créant ensemble des pièces qui racontent aussi notre histoire. Je l’ai donc contactée avec les graffitis présents en cave comme point de départ.
Victoire Valmary : Quand Pia m’a écrit, j’avais lancé De La Valma depuis environ six mois. Je revenais d’un séjour de trois mois en Asie consacré à la production et au développement de nouveaux modèles. À ce moment-là, j’avais justement envie de créer pour d’autres marques et de mettre mon travail au service de leur histoire. Mes amulettes sont un peu comme des toiles vierges : elles se prêtent particulièrement bien à cet exercice. Taittinger a été ma première collaboration.
Victoire, quel parcours vous a menée à créer De La Valma ?
Victoire Valmary : J’ai longtemps travaillé dans la mode vintage avant de rejoindre mes parents, les fondateurs de Louise Carmen. J’y ai développé le concept des grigris à accrocher aux carnets. Je voyageais aussi beaucoup pour dénicher des bijoux singuliers, jusqu’à ce qu’une rencontre me donne envie de créer les miens.
Il m’a fallu deux ans et demi de recherches pour mettre au point mes amulettes. Je tenais à y intégrer des pierres parce que je crois à leur énergie, comme à la force des symboles et des intentions que l’on porte sur soi. Je voulais également laisser à chacun la liberté de les associer : une, deux ou dix sur une même chaîne, pour composer un bijou qui évolue au quotidien.
Pia Andriveau Taittinger : Cette liberté de composition faisait écho à la notion d’assemblage dans le champagne. J’étais aussi sensible à leur caractère intemporel et à leur dimension intime. Ce sont de petits objets que l’on choisit pour soi et que l’on garde tout près.




Qu’est-ce qui donne du sens à cette collaboration ?
Victoire Valmary : Un bijou peut porter bien plus que sa seule valeur esthétique. On lui associe un souvenir, un être cher, un espoir ou un rêve. Certaines personnes choisissent une amulette pour la symbolique de sa pierre. D’autres y voient le souvenir d’un voyage. Avec le patrimoine et les récits familiaux de Taittinger, nous leur donnons un point de départ supplémentaire, que chacun est libre de prolonger à sa façon.
Comment avez-vous imaginé la collection ?
Victoire Valmary : J’ai visité les caves à Reims avec Pia et Vitalie Taittinger pour y photographier les graffitis qui nous inspiraient. Nous nous sommes ensuite retrouvé toutes les trois autour d’une table pour choisir les mots et les symboles qui traduisaient le mieux l’esprit de la Maison.
Les amulettes sont réversibles : une face accueille une pierre ou un dessin, l’autre une inscription. Ce dialogue nous a guidées dans la création. Tout s’est fait très naturellement et les grandes lignes de la collection se sont dessinées en un peu plus d’une heure.
Pia Andriveau Taittinger : Nous avons notamment retenu le mot « Folie » pour son lien avec la cuvée Folies de la Marquetterie, mais aussi pour tout ce qu’il peut évoquer au-delà du champagne.
Une autre amulette s’inspire d’une lettre que mon arrière-grand-mère à écrite à son mari, Jean Taittinger. Elle y décrivait leur rencontre « comme deux étoiles qui s’entrechoquent si fort qu’elles se soudent à jamais », nous avons choisi de ne garder que le début. Cette phrase conserve la force du souvenir qui l’a fait naître tout en laissant à chacun la possibilité d’y reconnaître sa propre histoire.
De quelles pièces se compose la collection ?
Victoire Valmary : Elle réunit cinq amulettes déclinées à partir de trois modèles De La Valma : Rio, Bangkok et New Moon. J’ai travaillé plus de quatorze textures d’argent pour obtenir cet aspect brut et ces légères variations d’une pièce à l’autre.
« Racine » associe une émeraude, symboliquement liée aux liens familiaux, à un dessin de vigne réalisé par Vitalie Taittinger. Son trait est volontairement épuré et organique.
« Folie » accueille une citrine, associée à la joie, dont la teinte rappelle celle du champagne.
Pour « Toujours », nous avons choisi une topaze bleue au cœur d’une étoile à quatre pointes surmontées d’un trèfle. Le motif reprend l’un des graffitis des caves de la Maison.
L’amulette « Comtes » trace un lien avec la maison, en évoquant sa cuvée prestige mais également celui dont elle s’inspire, Thibaut IV. Quand on la retourne on trouve une améthyste verte, symbole de l’harmonie entre l’esprit et les sentiments.
Enfin, sur une amulette plus large, une cornaline accompagne l’inscription « Comme deux étoiles qui s’entrechoquent ».
Qu’est-ce qui fait d’un bijou un objet auquel on s’attache ?
Victoire Valmary : Son intemporalité. Je conçois mes bijoux avec l’envie qu’ils traversent les années et se transmettent de génération en génération.
Pia Andriveau Taittinger : Je crois que l’attachement se construit aussi à travers ce que l’on investit dans un objet. C’est essentiel dans notre sélection chez Chromatique : chaque pièce doit dévoiler une part de l’intimité de la Maison et en faire découvrir l’univers au-delà du champagne.
Avec cette collection, nous partageons des fragments de notre histoire qui peuvent entrer dans celle des personnes qui les portent. Une amulette choisie aujourd’hui pourra en rejoindre une autre plus tard. Le bijou se compose ainsi au fil du temps et prend une valeur de plus en plus personnelle.
Imaginez-vous les personnes qui porteront vos bijoux ?
Victoire Valmary : Je n’ai jamais cherché à m’adresser à une clientèle précise. Les photos que m’envoient mes clients témoignent d’ailleurs de profils et de styles très variés. Pour cette collection, nous avons pensé aussi bien aux femmes qu’aux hommes.
Pia Andriveau Taittinger : Oui, nous nous sommes notamment posé la question pour « Racine », en imaginant la façon dont un homme pourrait se l’approprier. En boutique, nous avons commencé à présenter les amulettes sur des cordons. Cette manière de les porter fonctionne très bien et permet de varier les styles.
Qu’avez-vous en commun dans votre manière de créer ?
Victoire Valmary : L’instinct ! Avec Pia, la confiance s’est installée spontanément. Nous avons pu suivre nos intuitions et échanger nos idées très librement.
Imaginez-vous une suite ?
Pia Andriveau Taittinger : Cette première collection est limitée à une cinquantaine d’exemplaires par modèle, un peu moins pour les grandes amulettes. Pour la suite, nous aimerions imaginer une nouvelle collection plutôt que rééditer celle-ci.
Victoire Valmary : Depuis ma rencontre avec l’équipe Taittinger, mes carnets se remplissent d’idées. Il reste beaucoup à explorer et cette complicité donne envie de poursuivre l’aventure.



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