Vendanges d'hier

1945

Le débourrement est précoce. Le mois d’avril marqué par plusieurs gelées provoquent de grosses pertes sur certains terroirs et pénaliseront lourdement les rendements (4400 kg/ha). La floraison se déroule lentement. La vendange démarre hâtivement le 8 septembre. La récolte, faible, est néanmoins qualifiée d’exceptionnelle.

1952

Après deux vendanges médiocres, 1952 fait figure d’année miracle. Comme si pour se faire pardonner, la nature rendait ce qu’elle avait gardé. La qualité est particulièrement remarquable dans les chardonnays qui ont le caractère typique des grandes années : élégance, finesse et potentiel de garde.

1961

L’année 1961 a bénéficié d’un été idéal où soleil et eau ont alterné avec beaucoup d’à propos. La vendange commence le 20 septembre et se poursuit dans d’excellentes conditions climatiques, préservant le bon état sanitaire de la récolte, considérée comme de bonne qualité.

1964

La floraison est d’abord rapide, puis retardée par un refroidissement, sans conséquence néanmoins sur la fleur, ce qui sera confirmé par le niveau des rendements (9100 kg/ha). La vendange démarre le 16 septembre sous une pluie qui dure deux jours. Elle se poursuit par un temps chaud et ensoleillé jusqu’à son terme, accentuant le degré sans chute notable de l’acidité. La récolte est qualifiée d’excellente.

1970

Après une entrée en végétation tardive (entre le 3 et le 7 mai), des températures élevées stimulent la pousse qui prend un essor rapide. La pleine floraison s’accomplit dans des conditions climatiques idéales. Les vendanges débutent le 27 septembre. Le poids des grappes et la taille des baies atteignent des niveaux exceptionnels. Malgré des rendements records pour tous les cépages (13800 kg/ha en moyenne sur la Champagne), la qualité est au rendez-vous.

1975

Le printemps, particulièrement froid, entraîne un débourrement tardif. La pleine floraison intervient le 26 juin, à l’orée d’un été abondamment chaud et ensoleillé qui provoque un fort grossissement des grains. La vendange démarre le 29 septembre sous un beau temps qui se dégrade rapidement, exigeant un tri en fin récolte. Les vins issus de la vendange sont nets et francs (charpentés pour les pinots et subtils pour les chardonnays). Le millésime en tirera la réputation de grand vin.

1978

La vendange de 1978 fut en importance l’une des plus petites que la Champagne ait connues depuis l’avant-guerre (3678 kg/ha), due à un poids moyen de grappe très faible et à des conditions climatiques extrêmes (grêle notamment). La cueillette fut précédée d’une arrière-saison particulièrement belle et ensoleillée avec pour conséquence un degré alcoolique important dans les raisins noirs et une excellente qualité de la récolte.

1979

La vendange démarra début octobre ; les raisins furent dans l’ensemble très sains, avec un très bon équilibre entre degré alcoolique et acidité. Les chardonnays de 1979 se sont révélés d’une puissance aromatique exceptionnelle, tandis que les raisins noirs présentèrent un corps ample allié à une souplesse. La cuvée 1979 a constitué un millésime d’excellent niveau.

1981

Tout comme 1978, la vendange de 1981 est mémorable par la petite quantité de raisins récoltés. L’année jouit cependant d’une excellente réputation au plan qualitatif. Après un mois d’août ensoleillé et un mois de septembre relativement pluvieux, le degré alcoolique est important tant dans les raisins noirs que blancs.

1982

Providentielle et historique. C’est ainsi que fut qualifiée la récolte de 1982 qui offrait le privilège d’allier quantité et qualité exceptionnelles. Reposée par quatre années de faible rendement, la vigne peut, cette année-là, mettre à profit l’ensoleillement remarquable des mois de juillet et août pour gorger de sucre les grappes de Chardonnay et de Pinot Noir.

1983

Qui aurait pu imaginer qu’après avoir célébré un an auparavant « l’année du siècle », il faudrait recommencer aussitôt en 1983. Bénéficiant sur l’ensemble de la saison d’une météorologie exceptionnelle, la vigne a fourni à nouveau un magnifique effort tant qualitatif que quantitatif.

1985

La vendange de 1985 fut peu abondante mais de très grande qualité. Les terribles gelées de janvier et février avaient causé dans de nombreux terroirs des dégâts en grande partie irréparables. La situation s’est heureusement améliorée au début de l’été. La floraison de la vigne s’est déroulée rapidement. Le temps magnifique a fait gonfler les raisins et donné du poids aux grappes.

1986

Après les terribles gelées de 1985, le vignoble champenois fait preuve en 1986 d’une étonnante faculté de régénération. Les vignes ont fleuri en l’espace d’une semaine, donnant des grappes superbes, avec un nombre de grains impressionnant. Les vins sont très équilibrés et offre une acidité idéale.

1988

Grâce aux bonnes conditions climatiques de l’arrière-saison, la vendange 1988 qui a débuté fin septembre, a apporté une récolte normale en maturité avec un bon état sanitaire. Les vins issus de cette vendange bénéficient d’un très bon équilibre alcool-acide.

1989

La récolte de 1989 put débuter mi-septembre, à la suite d’un été chaud et sec, qui favorisa l’épanouissement de grappes de Chardonnay, très riches en sucre. Les vins de 1989 ont ainsi atteint une belle maturité. Leur parfait équilibre alcool-acide laisse envisager une très bonne capacité de vieillissement.

1990

En 1990, un été chaud a rendu possible un début de vendange précoce et permis un degré alcoolique satisfaisant et une acidité remarquable. Les vins de 1990, très équilibrés, charpentés, sont riches en arômes et ont une grande fraîcheur en bouche. Les cépages noirs qui procurent fruité, corps et intensité donnent de la structure aux assemblages. Les chardonnays apportent à ce millésime des notes d’agrumes et les caractéristiques florales des excellentes années.

1994

Les conditions climatiques de l’été 1994 ont permis un début de récolte dès le 15 septembre pour les Grands Crus de Chardonnay. Leur équilibre alcool-acide laisse envisager une excellente durée de vie et un très beau millésime.

1995

Les conditions climatiques ont été favorables au maintien d’une récolte abondante et de qualité. Les Chardonnays sont élogieux et présentent les caractéristiques des grandes années qui permettront une bonne garde de ces vins.

1996

Malgré des saisons très inégales, c’est un peu avec surprise que sont récoltés des raisins d’une qualité remarquable avec des caractéristiques exceptionnelles. Il faut remonter à 1928 pour trouver un couple degré potentiel-acidité de ce niveau. Compte tenu de la réputation historique de cette année, tout laisse espérer de 1996 un millésime hors du commun, avec un potentiel de garde d’un niveau record.

1998

La vendange débute mi-septembre sous la pluie, mais le soleil revient rapidement, sauvant une récolte abondante et garantissant une bonne maturité. Le rapport alcool-acidité est original et se situe parmi les meilleures récoltes. Les premières dégustations soulignent des vins droits, nets et francs.

1999

L’année 1999 se distingue par des températures annuelles supérieures à la moyenne. La vendange débute sous le soleil et se poursuit sous une pluie persistante. Le rapport alcool-acidité est très atypique et les vins de la récolte 1999 sont nets, francs et mûrs : les Chardonnays présentent les caractéristiques florales des grandes années et les Pinots Noirs, à la fois fins et charpentés, dégagent des arômes de fruits rouges. Le millésime 1999 pourrait être comparé aux millésimes 1982 ou 1988.

2000

Les caractéristiques climatiques de l’année 2000 sont normales avec cependant une température moyenne annuelle en hausse par rapport à 1999. A la veille de la vendange, une forte récolte reste encore à mûrir et les pluies sont très présentes. Heureusement le soleil revient et finalement la maturité des raisins progresse rapidement et atteint, début septembre, un niveau inespéré. Les premières dégustations décrivent des vins équilibrés, homogènes : les Chardonnays sont floraux avec une structure ample et complexe et les Pinots Noirs sont charpentés et charnus avec des arômes de fruits rouges. Le millésime 2000 fait l’unanimité.

2002

L’année 2002 se distingue par une pluviosité faible et un hiver relativement doux. L’été est une succession de journées chaudes et ensoleillées. A la veille des vendanges, les pluies font leur apparition pour disparaître rapidement et laisser à nouveau la place au soleil. Fait rare en Champagne, les grappes, au lieu de grossir après la pluie, perdent du poids à cause du manque d’eau. Après cette grande vendange étalée de mi à fin septembre, il ne fait aucun doute que 2002 est un beau millésime. Les premières dégustations révèlent des vins ronds, souples, ouverts et mûrs. Les Chardonnays sont longs, suaves et très aromatiques avec, selon le cru, une dominante florale ou fruitée. Les Pinots Noirs sont corsés, riches et généreux avec des nuances de fruits rouges.

2003

L’année 2003 a été marquée par un climat très particulier. Si les gelées de printemps et les averses de grêle affectent d’abord la quantité de raisin récolté, la longue canicule de l’été qui suit, nécessite des vendanges hâtives. Les premières dégustations laissent deviner des vins étonnants : les Chardonnays, qui ont eut les plus faibles rendements, sont atypiques, concentrés, aromatiques. Les Pinots Noirs offrent des vins très intenses, amples, au fruité suave. Plaisants et rapidement à déguster, les vins de 2003 réservent aussi des surprises en matière de potentiel de vieillissement.

2004

Malgré une climatologie sans excès, l’année 2004 est exubérante. L’hiver est frais sans toutefois de période de froid intense. Le printemps, marqué par une faible pluviosité est très agréable. La floraison, très étalée, démarre mi-juin sous des températures fraîches. Faiblement ensoleillé et frais, l’été est sec jusqu’à mi-août où arrive une période de pluies bienfaitrices. Le retour du soleil et de la chaleur début septembre favorisent la maturation.

2005

Malgré un hiver rigoureux, 2005 est une année chaude et particulièrement sèche, c’est la 3ème année de suite que les pluies d’automne et d’hiver sont faibles. Le printemps poursuit est doux, voire chaud, et la floraison a lieu du 15 au 19 juin. Les pluies se concentrent fin juin et début juillet, août est humide mais frais, septembre est un mélange de douceur et d’humidité. Le Chardonnay en 2005 est une belle réussite avec des caractères de fraîcheur, de minéralité, de générosité et de longueur. Les Pinots donnent des vins nets, vineux et amples mais hétérogènes d’un cru à l’autre.

2006

A nouveau en 2006, le climat est placé sous le signe de la chaleur. L’hiver précédent a toutefois été froid et la neige très présente. Heureusement sans conséquence sur la vigne. Le printemps est uniformément doux, la floraison a lieu entre le 12 et le 18 juin. L’été est assez contrasté : en juillet chaleur et canicule ponctuées de nombreux orages ; en août fraîcheur grisaille et pluviosité ; en septembre chaleur et sécheresse. Ce temps sec à l’approche des vendanges entraîne une légère de perte de poids des grappes, mais sans dégâts fâcheux sur le volume de la récolte. Les vendanges débutent le 14 septembre, mais s’étalent diversement selon les secteurs et la maturité enregistrée.

2008

Après un épisode de gelée tardive le 8 avril, un temps doux et sec s’installe début mai, favorisant la pousse. La floraison intervient entre le 14 et le 17 juin selon le cépage. A l’exception d’une semaine de forte chaleur fin juillet, le climat est plutôt doux et humide jusqu’à la vendange qui débute à partir du 15 septembre. La récolte se déroule sous un temps frais et sec, favorisant l’évolution de la maturité. Les raisins sont d’une exceptionnelle qualité, avec un potentiel d’alcool de 9.5 à 10° et un bon niveau d’acidité. Les premières dégustations décrivent des vins particulièrement vifs et frais. L’acidité, très fondue, laisse présager un bon potentiel de garde. Les chardonnays ont un nez floral, minéral avec des touches d’agrumes. Les pinots noirs développent quant à eux des arômes de caramel au lait. Leur bouche est fruitée avec une vinosité et une richesse étonnantes.